La ville fait partie d’une châtellenie dépendante des comtes d’Auvergne puis des vicomtes de Turenne. Ces derniers la garderont jusqu’en 1738, date de son rattachement à la couronne royale. En 1292, une première charte de privilèges est accordée par le vicomte Raimond V. A cette époque, la ville est sans doute regroupée autour de l’église Sainte-Spérie et entourée d’une enceinte. Elle s’est installée dans la plaine entre les différents bras de la Bave (du latin balba, bègue) nécessaire aux activités marchandes. Peu à peu, elle se développe et s’affirme comme un centre de foires et de marchés. Bien qu’occupée pendant la guerre de Cent ans par une compagnie anglaise, Saint-Céré ne semble pas avoir trop souffert puisque le vicomte de Turenne n’est pas intervenu pour repeupler la ville. En 1464, par une seconde charte de privilèges, le vicomte accepte que la ville et ses barris (faubourgs) soient clos de remparts, de portes et de fossés. Durant les guerres de Religion, la ville accueille favorablement les idées nouvelles véhiculées par les vicomtes de Turenne qui sont protestants. Cependant, elle est rançonnée, pillée et incendiée à plusieurs reprises. Au XVIIe siècle, l’évêque Alain de Solminihac se déplace à Saint-Céré pour recevoir les abjurations des protestants. Cet esprit de la Contre Réforme favorise la création des couvents : les Récollets en 1639, la Visitation en 1721 et les Mirepoises en 1735. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la ville est gérée par des consuls dynamiques. Les rues et les places sont élargies, les remparts démolis laissent place à de grands hôtels particuliers. Les consuls tentent de résoudre le problème des crues dévastatrices de la Bave en faisant venir en 1611, l’ingénieur hollandais Van der Dowe. Il fait construire un réseau de canaux traversant et enserrant la ville, à l’emplacement des fossés. Ils sont aujourd’hui peu visibles car ils ont presque tous été recouverts aux XIXe et XXe siècles. Le XIXe siècle confirme à Saint-Céré son identité de centre de commerce et d’artisanat. Un chroniqueur, Henri de Bressac, énumère en 1833 un grand nombre d’équipements révélant l’intense activité : moulins, pressoirs, briqueteries, teintureries, tanneries, fabriques de chapeaux de feutre, boucheries et ateliers de tisserands, chaudronniers, cloutiers, serruriers. Aujourd’hui, Saint-Céré est une ville commerçante dynamique qui s’appuie sur sa position pour faire valoir ses atouts touristiques. |
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